Sermon du vendredi 13 décembre 2019, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Moubarak à Islamabad. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Dans mon précédent sermon j’avais mentionné Hilal Bin Oumayyah et j’avais aussi évoqué l’expédition de Tabouk. Hilal Bin Oumayyah était l’un des trois individus qui n’avaient pas participé à l’expédition. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait exprimé sa colère à leur encontre après son retour de l’expédition et les avait punis. Tous les trois en étaient très anxieux ; et ils s’étaient prosternés devant Dieu pour se repentir, tant et si bien que leurs supplications ont été exaucées et Allah a révélé un verset sur leur absolution.

Je disais que les compagnons avaient consenti à de grands sacrifices pour cette expédition. J’avais aussi dit que des hypocrites n’avaient pas participé à l'expédition et ils avaient présenté des prétextes fallacieux au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Certains avaient refusé de partir dès le début et le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait laissé le cas de ces hypocrites entre les mains d’Allah.

J’ai d’autres points à mentionner à cet égard. Parmi ceux qui ne souhaitaient pas accompagner le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), il y avait un certain Jad Bin Qays. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui a demandé s’il n’allait pas l’accompagner pour combattre les Byzantins. Il a répondu qu’il pourrait être éprouvé en raison des femmes. C'est-à-dire qu’il avait des responsabilités et qu’il pourrait faire face à des difficultés – et il demandait qu’on ne l’éprouvât pas. Sur ce, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’est détourné de lui et lui a permis de ne pas se joindre à l’expédition. C’est alors qu’Allah a révélé ce verset :

وَمِنْهُمْ مَنْ يَقُولُ ائْذَنْ لِي وَلَا تَفْتِنِّي أَلَا فِي الْفِتْنَةِ سَقَطُوا وَإِنَّ جَهَنَّمَ لَمُحِيطَةٌ بِالْكَافِرِينَ

« Et parmi eux se trouve celui qui dit : « Permets-moi de rester en arrière et ne me mets pas à l’épreuve. » Assurément ils ont déjà succombé à l’épreuve. Et assurément, l’Enfer encerclera les mécréants. » (9 : 49)

Un juif de Médine se nommait Souwaylam : il habitait dans la région de Jasoum ou Bi’r Jasoum. Il s'agit du puits d’Aboul Haytham Bin al-Tayyihan situé sur la route menant vers la Syrie. Son eau était excellente et le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) en buvait et l’appréciait. Or, la maison de ce juif était le centre des hypocrites. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a su que les hypocrites s’y réunissaient et qu’ils empêchaient les gens d’accompagner le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) pour l'expédition de Tabouk. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a donné l’ordre suivant à ‘Ammar Bin Yasir : « Vas rencontrer ces gens et demande-leur à propos des rumeurs sur leur sujet. S’ils les nient, il faut leur dire : Voici ce que vous avez dit ; ces propos me sont parvenus. » Quand ‘Ammar est arrivé là-bas et les a questionnés, ces gens sont partis présenter leurs excuses au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Allah a révélé leur état en ces termes :

يَحْذَرُ الْمُنَافِقُونَ أَنْ تُنَزَّلَ عَلَيْهِمْ سُورَةٌ تُنَبِّئُهُمْ بِمَا فِي قُلُوبِهِمْ قُلِ اسْتَهْزِئُوا إِنَّ اللَّهَ مُخْرِجٌ مَا تَحْذَرُونَ (64) وَلَئِنْ سَأَلْتَهُمْ لَيَقُولُنَّ إِنَّمَا كُنَّا نَخُوضُ وَنَلْعَبُ قُلْ أَبِاللَّهِ وَآَيَاتِهِ وَرَسُولِهِ كُنْتُمْ تَسْتَهْزِئُونَ (65) لَا تَعْتَذِرُوا قَدْ كَفَرْتُمْ بَعْدَ إِيمَانِكُمْ إِنْ نَعْفُ عَنْ طَائِفَةٍ مِنْكُمْ نُعَذِّبْ طَائِفَةً بِأَنَّهُمْ كَانُوا مُجْرِمِينَ

Les hypocrites prétendent craindre qu’une sourate du Coran ne soit révélée à leur sujet, pour les informer de ce qu’ils ont au fond du cœur. Dis : « Moquez-vous donc ; assu­rément, Allah dévoilera ce que vous prétendez craindre. » Et si tu les interroges, ils te répondront assurément : « Nous ne faisions que bavarder, nous plaisantions. » Dis : « Vous moquiez-­vous d’Allah, de Ses Signes et de Son Messager ? » Ne vous excusez pas. Maintenant il est certain que vous êtes devenus mécréants après avoir été croyants. Si Nous pardonnons à certains d’entre vous, Nous en châtierons d’autres, car ils sont coupables. » (9 : 64-66)

Telle était la situation à l’époque : certains faisaient des plans pour ne pas partir avant l’expédition. Parmi eux, il y avait des hypocrites que les juifs incitaient. D’autres ont cherché des prétextes qu'ils ont présentés au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à son retour. En tout cas, il a laissé leur cas entre les mains d’Allah.

Lorsque le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est retourné de Tabouk et qu’il s’est approché de Médine, il a déclaré : « Il y a à Médine des gens qui vous ont accompagnés lors ce voyage et lorsque vous traversiez les vallées. » Les compagnons ont demandé : « Comment ont-ils pu nous accompagner tandis qu’ils étaient à Médine ? » Il a répondu : « Ils sont demeurés à Médine en raison de quelque maladie ou excuse valable. Ils n’ont pas pu vous accompagner en dépit de leurs souhaits. C’est pour cette raison qu’Allah les a comptés comme étant avec vous. »

Avant de partir pour Tabouk le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Je pars rapidement. Celui qui le souhaite peut se joindre à moi ou attendre avant de me suivre. » Le rapporteur déclare : « Nous avons pris la route et quand nous avons vu Médine au loin, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Ceci est un lieu pur et excellent. Ceci est le mont Ouhoud : il nous aime et nous l’aimons. » Ensuite le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Les meilleures maisons des Ansar sont celles des Banou Najjar. Ensuite il y a celles des Banou ‘Abdil Ash’al. Ensuite celles des Banou ‘Abdil-Harith bin Khazraj, celles des Banou Sa’adah. Et le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré que toutes les maisons des Ansar étaient excellentes. »

Le rapporteur déclare que Sa’d Bin ‘Oubadah est venu à notre rencontre. Abou Sa’id a déclaré : « Est-ce que tu sais que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a évoqué les excellences des maisons des Ansar et qu’il nous a mentionnés en dernier ? » Sa’d est parti à la rencontre du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et lui a dit : « Ô Envoyé d’Allah ! Vous avez mentionné les excellences des maisons des Ansar et vous nous avez mentionnés en dernier. » A quoi le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a répondu : « Ne te suffit-il pas que tu sois parmi les bons ? » Ce récit est tiré du Sahih Mouslim.

À son retour, les gens de Médine, hommes, femmes et enfants, étaient venus accueillir le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à Thaniyyât al-Wada’, situé non loin de Médine et où l’on souhaitait adieu aux voyageurs en partance pour La Mecque. Selon les historiens, il existe un autre Thaniyyât al-Wada’ dans cette partie de Médine par laquelle le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) est entré dans la ville en passant par Qouba lorsqu’il était venu de La Mecque. ‘Aïcha relate que les enfants étaient venus accueillir le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et les filles chantaient :

طلع البدر علینا                  من ثنیات الوداع

وجب الشکر علینا              ما دعا للہ داع

« La pleine lune s’est levée sur nous, depuis Thaniyyât al-Wada’. La gratitude nous incombe tant qu’un prédicateur appellera à Dieu. »  

Certains commentateurs, à l’instar d’Allamah Ibn Hajar Al-‘Asqalani – le commentateur d’Al-Boukhari – pensent qu’on avait cité ces vers mentionnés par ‘Aïcha après l’expédition de Tabouk, car la population et les enfants étaient venus accueillir le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à Thaniyyât al-Wada’, où on venait accueillir les gens venant de la Syrie. Quand les gens de Médine ont su que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) revenait de Tabouk, ils sont sortis de Médine tous joyeux pour l’accueillir en cet endroit.

Sa’ib Bin Zayid relate : « Je me souviens que j’étais parti accueillir le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à Thaniyyât al-Wada’ avec les autres enfants quand il rentrait de l’expédition de Tabouk. »  L’Imam Al-Baihaqi écrit lui aussi que les enfants avaient accueilli le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) en chantant ces vers après son retour de Tabouk.

Ces deux opinions existent chez les historiens et les biographes : selon certains on avait cité ces vers lorsque le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) était venu de La Mecque pour élire domicile à Médine et d’autres pensent qu’on les avait récités lors de son retour de Tabouk. 

Selon sa pratique, lorsque le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) rentrait à Médine d’un voyage, il se rendait à la mosquée accomplir deux raka’at de prière. Il est rentré de Tabouk durant la matinée et il est allé à la mosquée pour y accomplir deux raka’at. Après ces prières, il est resté dans la mosquée où ceux qui étaient restés en arrière intentionnellement sont venus le rencontrer pour lui présenter leurs excuses. Ils étaient environ 80. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) savait pertinemment bien qu’il s’agissait d’excuses fallacieuses : en dépit de cela, il a accepté leurs déclarations, il les a pardonnés, et a accepté leur allégeance et imploré Dieu pour leur absolution. Comme expliqué plus tôt, Hilal Bin Oumayyah, Mourarah Bin Al-Rabi’ et Ka’b Bin Malik n’avaient pas présenté de faux excuses : ils ont encouru la colère du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) pendant quelque temps et ils ont imploré, en larmes, le pardon d’Allah. Allah a accepté leur repentir dans le Coran et en a fait l’annonce.

Le deuxième compagnon se nomme Mourarah Bin Al-Rabi’. Son père se nommait Rabi’ Bin Adi ou Rabi’a. Mourarah Bin Al-Rabi’ al-‘Oumri appartenait à la famille Banou ‘Amr Bin ‘Awf de la tribu d’Aws des Ansar. Or, selon un autre récit, il appartenait à la branche des Banou ‘Amr Bin ‘Awf de la grande tribu de Qouda’a qui résidait à 16 km de Médine, dans la vallée d’Al-Qoura à l’ouest de Mada’in Salih. Mourarah a pu participer à la bataille de Badr. L’Imam al-Boukhari et les ouvrages sur les compagnons le mentionnent parmi les combattants de Badr tandis qu’Ibn Hicham ne le mentionne pas dans la liste des compagnons de Badr. Il faisait partie de ces trois compagnons Ansar que j’avais mentionnés dans le passé et qui n’avaient pas participé à l'expédition de Tabouk. Allah avait révélé ce verset à leur propos :

وَعَلَى الثَّلَاثَةِ الَّذِينَ خُلِّفُوا حَتَّى إِذَا ضَاقَتْ عَلَيْهِمُ الْأَرْضُ بِمَا رَحُبَتْ وَضَاقَتْ عَلَيْهِمْ أَنْفُسُهُمْ وَظَنُّوا أَنْ لَا مَلْجَأَ مِنَ اللَّهِ إِلَّا إِلَيْهِ ثُمَّ تَابَ عَلَيْهِمْ لِيَتُوبُوا إِنَّ اللَّهَ هُوَ التَّوَّابُ الرَّحِيمُ

« Et Allah S’est tourné avec clémence vers les trois qui par leurs agissements se retrouvèrent à l’arrière, jusqu’à ce que la terre, malgré toute son immensité, leur sembla un lieu trop étroit, et leurs âmes furent aussi rétrécies pour eux, et ils devinrent convaincus qu’il n’y avait aucun refuge de la part d’Allah sauf d’aller vers Lui-Même. Alors, Il Se tourna vers eux avec clémence afin qu’ils fassent le repentir. Assurément, c’est Allah Qui est Celui Qui revient sans cesse avec clémence et Qui est le Miséricordieux. » (9 : 118)

Comme mentionné auparavant, ces trois compagnons étaient Ka’b Bin Malik, Mourarah bin Ar-Rabi' et Hilal Bin Oumayyah, qui étaient tous des Ansar. Il n’existe pas de récit séparé à propos de Mourarah bin Ar-Rabi'. Il n’existe que le récit détaillé de Ka’b Bin Malik que j’avais mentionné la dernière fois en évoquant Hilal Bin Oumayyah. C’est pour cette raison que je ne mentionnerai pas ce récit de nouveau.

Le prochain compagnon se nomme ‘Outbah Bin Ghazwan. Ses noms d’emprunts étaient Abou ‘Abdillah et Abou Ghazwan. Il était l’allié de la tribu des Banou Nawfal Bin ‘Abd Manaf et son père se nommait Ghazwan Bin Jabir. Il était aussi connu sous le nom d’Abou ‘Abdillah ou Abou Ghazwan. Il s’était marié à Irdat Bint al-Harith. Il relate qu’il était parmi les premiers à avoir embrassé l’islam. Selon Ibn al-Athir, ‘Outbah avait 40 ans lorsqu’il s’était rendu en Abyssinie tandis qu’Ibn Sa’d déclare qu’il avait cet âge lorsqu’il s’était rendu à Médine. En tout cas le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) était encore à La Mecque lorsqu’il est rentré de l’Abyssinie. ‘Outbah Bin Ghazwan était resté à La Mecque avec le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) pendant un certain temps et il avait accompagné Miqdad vers Médine plus tard. Ils étaient tout deux parmi les tout premiers musulmans.

Voici le récit de leur émigration à Médine. Ils étaient sortis avec une armée de polythéistes dans l’intention de se joindre aux musulmans par la suite. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait envoyé une armée de musulmans sous la direction d’Oubaydah Bin Al-Harith à Thaniyyât-ul-Mourrah, situé à 55 kilomètres au nord-ouest de la ville de Rabikh qui se trouve à deux cents kilomètres de Médine.

L’armée des Qouraychites était sous la direction d’Ikramah Bin Abi Jahl. Il n’y a pas eu de combat sauf une flèche lancée par Sa’d Bin Abi Waqqas qui avait décoché une flèche : la toute première flèche lancée dans la voie d’Allah.

Miqdad Bin Aswad et ‘Outbah Bin Ghazwan abandonnèrent les rangs des polythéistes pour se joindre aux musulmans. Ils étaient sortis avec les polythéistes, mais se sont joints aux musulmans comme je l’ai mentionné dans le récit concernant Miqdad Bin Aswad. Dans sa Sirat Khataman Nabiyyin, Hazrat Mirza Bashir Ahmad Saheb a mentionné le Jihad par l’épée et les mesures défensives prises par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) en puisant dans divers livres d’histoire : « Le premier verset coranique autorisant le Jihad par l'épée a été révélé le 12 Ṣafar de l’an deux de l’hégire. En d'autres termes, l'indication divine sur la guerre défensive au cours de la migration, a été officiellement annoncée au cours du mois de Ṣafar de l’an 2 de l’hégire, lorsque le Saint Prophète s’était libéré de ses engagements initiaux relatifs à son séjour à Médine et le Jihad a commencé. L'histoire nous apprend que le Saint Prophète a initialement utilisé quatre stratégies afin de protéger les musulmans du mal des mécréants.

Ceci est une preuve concluante de l'aptitude politique experte et la perspicacité militaire du Saint Prophète. Ces stratégies sont les suivantes : en premier le Saint Prophète a visité les tribus voisines afin de conclure avec eux des traités de paix, afin que la région environnante de Médine ne soit plus menacée. À cet égard, le Saint Prophète a accordé une attention particulière aux tribus situées à proximité de la route commerciale syrienne des Qouraych. Tout individu comprendra que les Qouraych de La Mecque auraient pu tirer le plus d'avantages de ces tribus contre les musulmans dont l'inimitié aurait pu entraîner de graves dangers pour les musulmans.

Deuxièmement, le Saint Prophète a commencé à envoyer de petites expéditions pour obtenir des renseignements dans les environs de Médine, afin qu'il puisse rester informé des mouvements des Qouraych et de leurs alliés ; et les Qouraych ont également compris que les musulmans n'étaient pas inconscients : ce faisant, Médine étaient protégée d’attaques soudaines.

Troisièmement, une autre sagesse dans l'envoi de ces expéditions était de permettre aux musulmans faibles et pauvres de la Mecque et de ses environs de rejoindre les musulmans de Médine. Jusqu'à présent, il y avait beaucoup de gens dans la région de La Mecque qui étaient musulmans dans l'âme, mais n'étaient pas en mesure de professer publiquement leur croyance en l’islam en raison des cruautés des Qouraych. En outre, en raison de leur pauvreté et de leur faiblesse, ils n'ont pas pu migrer non plus, car les Qouraych empêchaient de force ces personnes de migrer. Allah déclare dans le Saint Coran :

وَمَا لَكُمْ لَا تُقَاتِلُونَ فِي سَبِيلِ اللَّهِ وَالْمُسْتَضْعَفِينَ مِنَ الرِّجَالِ وَالنِّسَاءِ وَالْوِلْدَانِ الَّذِينَ يَقُولُونَ رَبَّنَا أَخْرِجْنَا مِنْ هَذِهِ الْقَرْيَةِ الظَّالِمِ أَهْلُهَا وَاجْعَل لَنَا مِنْ لَدُنْكَ وَلِيًّا وَاجْعَل لَنَا مِنْ لَدُنْكَ نَصِيرًا

Qu’avez-vous donc à ne pas vous battre pour la cause d’Allah et de ceux qui ont été rendus faibles – hommes, femmes, enfants – qui disent : « Notre Seigneur, fais-nous sortir de cette ville dont les habitants sont des oppresseurs, et envoie-nous de Ta part un ami et envoie-nous de Ta part un aide ? »

Par conséquent, il était judicieux d'envoyer ces expéditions afin que ces personnes puissent se libérer de leurs persécuteurs. En d'autres termes, ils pourraient atteindre les environs de Médine avec les caravanes des Qouraych, puis s'échapper pour rejoindre les forces musulmanes. Selon l'histoire, lorsque le Saint Prophète a envoyé la toute première compagnie avec à la tête d'Abou ‘Oubaydah bin Al-Ḥarith, qui a rencontré un groupe dirigé par ‘Ikramah bin Abi Jahl, deux musulmans faibles qui étaient venus avec les Qouraych ont réussi à s'échapper de ces derniers et à rejoindre les musulmans. On raconte que lorsque les musulmans ont rencontré l'armée des Qouraych, deux personnes – à savoir Miqdad bin ‘Amr et ‘Outbah bin Ghazwān, qui étaient des alliés des Banou Zahrah et Banou Nawfal – ont fui les idolâtres et ont rejoint les musulmans. Ils étaient des musulmans et avaient seulement décidé de rejoindre les musulmans sous le couvert des Qouraych.

Par conséquent, l'un des objectifs du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) en envoyant ces expéditions était également de permettre à ces personnes de se libérer des Qouraych et de rejoindre les musulmans.

La quatrième stratégie employée par le Saint Prophète était d’intercepter les caravanes commerciales des Qouraych qui voyageaient de La Mecque vers la Syrie en passant par Médine. La raison en est que, premièrement, ces caravanes attisaient le feu d'inimitié contre les musulmans là où elles passaient. Il est évident que semer l’inimitié dans les environs de Médine était extrêmement dangereux pour les musulmans. Deuxièmement, ces caravanes étaient toujours armées et tout le monde peut comprendre que le passage de telles caravanes si près de Médine n’était pas sans danger. Troisièmement, les moyens de subsistance des Qouraych dépendaient principalement du commerce. Par conséquent, en ces circonstances, le moyen le plus définitif et le plus efficace de maîtriser les Qouraych, de mettre un terme à leurs cruautés et de les contraindre à la réconciliation, était d'entraver leur route commerciale. À ce titre, l'histoire témoigne que l'interception de ces caravanes commerciales a joué un rôle extrêmement important qui a finalement contraint les Qouraych à se pencher vers la réconciliation. Il s’agit donc d’une stratégie extrêmement perspicace, qui a porté ses fruits au moment opportun. Quatrièmement, les revenus de ces caravanes des Qouraych ont été principalement dépensés dans les efforts pour éliminer l’islam. Voire, certaines caravanes ont même été envoyées dans l’unique but d’utiliser leurs profits contre les musulmans. En pareille situation, chaque individu peut comprendre que l'interception de ces caravanes était en soi un motif absolument légitime. »

J’avais mentionné dans un précédent sermon l’expédition d’Oubayda Bin Al-Harith : ‘Outbah avait quitté l’armée des Qouraychites pour se joindre aux musulmans.

J’en avais fait mention dans un précédent sermon et j’évoquerai de nouveau ces faits ici brièvement.

Au cours du mois de Rabī’ al-Awwal, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) dépêcha une expédition de Mouhājirīn, composée de soixante-dix hommes montés à chameaux et dirigée par ‘Oubayda bin Al-Ḥārith Al-Muṭṭalibi, un proche parent. L’objectif de cette campagne était également de prévenir les attaques des Qouraych de La Mecque. C’est un récit tiré de la Sirat Khatamun Nabiyyin. Quand ‘Oubayda bin Al-Hārith et ses compagnons parcoururent une certaine distance et arrivèrent près de Thaniyyât al-Mourrah : ils remarquèrent soudainement 200 jeunes hommes armés qui campaient là sous le commandement d’Ikramah bin Abi Jahl. Les deux belligérants se firent face et quelques flèches furent décochées lors d’une confrontation. Cependant, ce groupe d’idolâtres se retira craignant que les musulmans avaient probablement caché des renforts à leur disposition. Les musulmans ne les ont pas poursuivis.

Deux membres de l’armée des idolâtres, notamment Miqdād bin ‘Amr et ‘Outbah bin Ghazwān, s’enfuirent du commandement d’Ikramah bin Abi Jahl et rejoignirent les musulmans. Ils avaient accompagné les Qouraych avec le but précis de rejoindre les musulmans dès que l’occasion s’en présentera. Ils étaient musulmans de cœur, mais ne pouvaient pas émigrer par peur des Qouraych. De plus, il est possible que cet événement ait fait perdre courage aux idolâtres et qu’ils aient décidé de prendre du recul, estimant que c’était un mauvais présage. L’histoire n’a pas indiqué si cette expédition des Qouraych, qui n’était certainement pas une caravane commerciale et à propos de laquelle Ibn Isḥāq avait utilisé les mots « grande armée » s’engageait dans cette direction avec un objectif spécifique. Cependant, il est certain que leurs intentions n’étaient pas favorables. Les polythéistes perdirent courage et s’en allèrent après avoir constaté que les musulmans étaient vigilants et que certains de leurs hommes s’étaient joints aux musulmans. Un avantage pratique de cette campagne en faveur des musulmans était que deux âmes musulmanes avaient été délivrées de la tyrannie des Qouraych. »

Selon la Tabaqat ul Koubra, ‘Outbah Bin Ghazwan et son esclave affranchi avaient logé chez ‘Abdoullah Bin Salama al-‘Ajlani à Qouba, lorsqu’ils avaient quitté La Mecque pour se rendre à Médine. Ensuite Outbah a logé chez ‘Ibad Bin Bichr lorsqu’il est arrivé à Médine. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait établi en lien de fraternité entre ‘Outbah Bin Ghazwan et Abou Dajana. Incha Allah je présenterai d’autres récits à propos d’Outbah Bin Ghazwan.

Je vais faire l’annonce du lancement du site web du quotidien Al-Fazl et j’évoquerai aussi deux personnes décédées récemment.

À l’occasion des 106 ans du journal Al-Fazl nous allons lancer la version en ligne de ce journal publié de Londres. En effet, 106 ans de cela, avec la permission et les prières du premier Calife, le Mouslih Maw’oud avait lancé ce quotidien le 18 juin 1913. Après la création du Pakistan, ce journal était imprimé à Lahore et ensuite à Rabwah sous la direction du Mouslih Maw’oud. La version en ligne de ce quotidien est lancée aujourd’hui le 13 décembre 2019 : il sera disponible dans le monde entier par Internet. Le site alfazlonline.org est désormais en ligne et le premier numéro est disponible. Notre équipe centrale en informatique a accompli un grand travail à cet égard. Il s’y trouve des articles sur l’importance du journal Al-Fazl et ses avantages.

On y publiera des versets du Coran et les hadiths du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ainsi que des dires du Messie Promis (a.s.).

Des articles d’auteurs ahmadis seront publiés, ainsi que d’autres articles importants, et des poèmes de poètes ahmadis. En plus d’être disponible sur Internet, ce journal sera également disponible sur Twitter. Une application Android a également été créée, et [le journal] sera également disponible à travers les réseaux sociaux. Comme il s’agit d’un quotidien, les personnes qui lisent l’ourdou doivent tâcher d’en profiter. Les écrivains et poètes doivent également partager leurs œuvres afin que des articles de bonne qualité et des articles de recherche puissent y être publiés. Un fichier PDF de ce journal sera également disponible, que les gens pourront lire et télécharger. Ceux qui souhaitent le lire sous format imprimé peuvent le faire aussi. Il sera inauguré aujourd’hui Incha Allah, et le lundi, le sermon du vendredi y sera également intégralement publié, ainsi que le résumé du dernier sermon. Incha Allah, il sera inauguré après la prière. 

Je vais également faire mention de deux défunts dont je vais diriger la prière funéraire Incha Allah. La première est Sayyeda Tanwir-ul-Islam qui était l’épouse de feu Mirza Hafiz Ahmad. Elle décéda le 7 décembre dernier à l’âge de 91 ans. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Par la grâce d’Allah elle était Moussia. En ce qui concerne sa famille, son père s’appelait Mir Abdus Salam : elle était l’arrière-petite-fille de Mir Hissam-ud-Din, qui était un compagnon sincère du Messie Promis (a.s.), et la petite-fille de Sayyed Hamid Shah, et elle était la bru du deuxième Calife (r.h.a.). Mir Hissam-ud-Din, qui est un compagnon célèbre, naquit en 1839 à Sialkot. Il était un médecin traditionnel très célèbre dans la région. Lorsque le Messie Promis (a.s.) était de passage à Sialkot, Mir Hissam-ud-Din officiait comme médecin. A l’époque, le Messie Promis (a.s.) l’avait même hébergé dans une partie de sa maison. En 1877, lorsque le Messie Promis (a.s.) se rendit à Sialkot, il fut invité à prendre un repas chez ce compagnon. Lorsque le Messie Promis (a.s.) fit sa proclamation, sa jeunesse pieuse et exemplaire influença ceux qui étaient dévots, qui avaient une nature pure et qui étaient doués de perspicacité ; et ils l’ont donc accepté. Parmi ces personnes sincères qui l’avaient accepté à Sialkot se trouvait également la famille de ce compagnon.

Hissam-ud-Din avait prêté allégeance le 29 décembre 1890. Selon le registre des allégeances, son allégeance correspond au numéro 213, et celle de son épouse, Feroza Begum Sahiba, correspond au numéro 246, qui avait prêté allégeance le 7 février 1892. 

Le Messie Promis (a.s.) a fait mention de lui à plusieurs reprises dans ses livres Izalah-e-Awham, Aasmani Faisla, Aïna Kamalaat-e-Islaam, Tohfah Qaysariyyah, Siraj-i-Mounir, Kitab-oul-Bariyyah, Haqiqat-oul-Wahyi et dans le cinquième volume de Malfouzat, lorsqu’il faisait référence aux personnes sincères qui participaient à la Jalsa Salana, qui cotisaient, qui avaient participé au soixantième anniversaire [de la Reine Victoria] et qui faisaient partie de sa communauté pacifique. 

Sayyeda Tanwir-ul-Islam faisait partie de sa descendance ; elle naquit en 1928 à Sialkot, et par la suite en janvier 1948 elle se maria avec Mirza Hafiz Ahmad, et par cette alliance elle devint la belle-fille du deuxième Calife (r.a.). Depuis 1956 jusqu’à 2008, à différents moments, elle a eu l’opportunité de servir pendant près de 48 ans dans le bureau central des Lajna en tant que secrétaire en charge des expositions ; elle a également servi à d’autres postes. Elle avait une belle relation avec le deuxième Calife (r.h.a.). Elle était régulière dans la prière de Tahajjoud : son employée a déclaré que le soir où elle est décédée elle fit la prière de Tahajjud vers 3h, et ensuite se coucha de nouveau, et décéda au cours de son sommeil. Sa fille relate qu’elle lui racontait que le jour où elle s’était mariée et était arrivée dans sa belle-famille en tant que belle-fille du deuxième Calife (r.h.a.), celui-ci et Hazrat Umm-e-Nasir lui donnèrent tellement d’amour et de respect qu’elle oublia complètement son foyer natal. Elle connaissait beaucoup de dires du deuxième Calife (r.a.) ; elle avait de plus une bonne mémoire. Qu’Allah fasse preuve de pardon et de miséricorde à son égard et qu’Il exalte son rang. 

La deuxième défunte dont je vais faire mention est la sœur Haja Shakura Noorya, qui est américaine. Elle décéda le premier décembre dernier : c’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Elle naquit en 1927, et passa son enfance à Washington D.C. Durant les années soixante, elle était enseignante d’histoire dans un lycée. Par la suite, elle fit un Master en histoire du monde. Après sa retraite, elle souhaitait devenir missionnaire protestante, mais lorsqu’elle comprit que Jésus n’était pas le fils de Dieu, elle décida d’emprunter une autre voie, et en 1968 elle quitta définitivement l’église. Après avoir voyagé aux Etats-Unis, au Mexique et au Canada, elle prit une année sabbatique pour faire le tour des universités africaines afin d’étudier. Elle se rendit également en Europe. Elle cherchait constamment des réponses à ses questions et problématiques religieuses. Lorsqu’elle revint à Washington D.C. elle apprit au sujet de l’islam. Par coïncidence, à l’aéroport elle rencontra le fils de son amie, qui avait accepté l’Ahmadiyya récemment. Or, Mir Mohammad Ahmad Nasir qui s’était rendu à l’aéroport avec Mubashir afin de rencontrer ce frère, se trouvait là-bas. Ainsi ils ont également pu faire connaissance de cette dame. Ils lui ont présenté l’islam, et ils se sont régulièrement rencontrés ; elle s’intéressait de plus en plus à l’islam. Elle a pu enfin trouver dans l’islam les enseignements qu’elle cherchait.

En 1979, dans un rêve, elle vit une copie du Saint Coran ainsi que la Chahadah, et suite à cela elle fut convaincue que l’islam Ahmadiyya était la religion vraie, et elle prêta donc allégeance. Elle eut par la suite l’opportunité de servir la communauté à différents postes. Elle participait aux programmes de la Lajna Imaillah des Etats-Unis, elle y jouait de plus un rôle très positif. En 1986, elle fut élue présidente de la communauté locale de Washington D.C. ; elle servit à ce poste pendant cinq ans. Parallèlement, elle eut l’opportunité de servir en tant que vice-présidente nationale, et elle eut aussi l’opportunité de servir à d’autres postes. En 1995, elle fit le pèlerinage. À la demande et selon les directives du quatrième Calife, elle faisait partie de l’équipe qui préparait les 118 pages d’index de l’exégèse en cinq volumes du Saint Coran en langue anglaise. Elle y joua un rôle crucial. Elle a aussi écrit plusieurs articles sur différents sujets pour les magazines de la Lajna et de la communauté. De 1997 à 1998, tous les dimanches elle organisait des classes pour les Aftal. Pour les Nasirat, lors de leur école d’été, elle servait en tant que conseillère. Elle eut également l’opportunité de servir pendant de nombreuses années au sein du Comité National Ahmadiyya des Droits de l’Homme : elle avait préparé des documents très complets au sujet des persécutions infligées par le gouvernement pakistanais aux ahmadis. 

Shamshad Nasir, qui est missionnaire, écrit : « Bien plus que tout cela, elle avait l’habitude de dire que prêcher le message de l’Ahmadiyya était son premier amour, et elle donnait préséance à cela sur toutes ses autres œuvres. Elle servit pendant de nombreuses années en tant que secrétaire nationale à la prédication de la Lajna. Elle prêchait également le message à travers la radio et les programmes télévisés. Elle jouait en outre un rôle crucial dans l’organisation de divers programmes pour prêcher le message sur les campus d’université et dans les églises. Elle organisait par ailleurs la distribution de la littérature de la communauté à différents groupes ethniques. Ces informations ne proviennent pas du rapport envoyé par le missionnaire Shamshad mais proviennent d’un autre rapport.

Le missionnaire Shamshad a écrit : « La Sœur Shakura Noorya portait toujours le voile : elle portait toujours une burqa traditionnelle pakistanaise, et celle-ci ne la freinait dans aucune de ses tâches. Dans le cadre des activités de la communauté elle devait rencontrer des sénateurs et des membres du congrès, et elle se rendait en burqa aux rendez-vous, et elle accomplissait merveilleusement bien ses missions. Elle aidait grandement les missionnaires à prêcher le message. »

Il ajoute : « Lorsque j’ai immigré ici, elle m’a enseigné l’histoire des États-Unis, et elle m’aidait dans mes différentes tâches. » Il continue : « Elle avait un grand respect pour le Califat, et une relation très solide. » Lorsque je m’étais rendu là-bas en 2018, malgré le fait qu’elle était malade, elle était venue me rencontrer en se déplaçant difficilement en chaise roulante.

Le missionnaire Shamshad continue : « Elle écoutait régulièrement les sermons. Lorsqu’il n’y avait pas encore la MTA, et que le sermon arrivait par cassettes, elle aidait au niveau de la traduction du sermon en anglais. Elle faisait régulièrement la prière en congrégation. » Il ajoute : « Elle était constamment à la mosquée, et participait régulièrement à la prière en congrégation. » 

Qu’Allah fasse preuve de pardon et de miséricorde à son égard, qu’Il exalte son rang, et qu’Il accorde d’autres personnes à la communauté qui soient autant animées par la volonté de servir et tout aussi sincères et fidèles.

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