Ce sont les trois conditions fondamentales pour le jeûne. Mais jouir du plaisir divin, ne pas manger ni boire et ne pas avoir des rapports conjugaux ne sont que des symboles pour s’éloigner de tout vice comme le dit le Saint Prophète(pssl):

«Celui qui n’abandonne pas le mensonge ou sa pratique, s’abstenir même de manger et de boire n’intéresse pas Dieu.»

 

Il dit en une autre occasion:

«Le Jeûne n’est pas simplement s’abstenir de manger ou de boire, mais il comprend aussi l’abandon de toute absurdité et obscénité. Alors, ô toi qui jeûne, si quelqu’un devient grossier à ton égard ou s’il te provoque, tu lui réponds: je suis en carême ».

(Boukhari Kitabe-oul-Saume babouhale yaqoulou inni s~ïmun iza shatama)

Le jeûne de celui qui se permet d’être grossier n’est autre que de supporter inutilement la faim et la soif qui ne lui profiteront pas. Donc, si une personne ne peut pas respecter ces aspects susmentionnés qui sont obligatoires pour le jeûne, alors rester sans manger, ni boire ne lui sera aucunement utile car le jeûne n’est pas synonyme de rester sans manger ni boire. C’est plutôt une adoration qui s’observe avec des conditions bien précises. Beaucoup de malheureux restent privés de la récompense extraordinaire du jeûne pour n’avoir pas respecté les principes du jeûne. Hadhrat Abou Houraira(ra) raconte que le Saint Prophète(pssl) dit:

«A beaucoup de jeûneurs, le jeûne ne donne que la faim et la soif et beaucoup qui se réveillent les nuits pour l’adoration ne font que perdre leur sommeil.»

(Ibn-é-Maja kitabe-oul-séyame babou Ma ja’a fil ghibati warrafthi lisséyami)

Les jeûnes du mois de Ramadan sont prescrits pour chaque homme ou femme Musulmane adulte doté(e) de raison, n’étant pas en voyage et ayant une bonne santé. Un voyageur ou un malade est autorisé à compléter ses jours de jeûnes ratés antérieurement. Les malades chroniques et qui n’ont aucun espoir de rétablissement ou de tels malingres qui n’ont aucun espoir de supporter l’endurance du jeûne pour le reste de leur vie, de même que les femmes qui allaitent et les femmes enceintes, doivent payer l’expiation selon leur capacité. Concernant l’âge de jeûner, Hadhrat Khalifat-ul-Massih II(ra) dit:

«Plusieurs personnes font jeûner les petits enfants, pourtant, pour chaque obligation et pour chaque commandement, il y a des limites et un temps bien précis. De notre point de vue, certains commandements prennent effet à partir de quatre ans et d’autres commencent à partir de sept à douze ans. Il y en a aussi qui s’appliquent aux enfants de quinze à dix-huit ans, ce qui marque l’âge de l’adolescence. A partir de quinze ans, l’on doit commencer à cultiver l’habitude de jeûner. Et à partir de dix-huit ans, l’on doit considérer le jeûne comme obligatoire. Je me rappelle, lorsqu’on était petit, nous aussi, nous avions envie de jeûner mais le Messie Promisas nous interdisait de le faire. Et au lieu de nous motiver pour le jeûne, il nous déconseillait fortement. Bref, l’on doit empêcher les enfants de jeûner, afin de maintenir leur santé et améliorer leurs capacités. Ainsi, lorsqu’ils tendent vers l’adolescence, c'est-à-dire l’âge de quinze ans, on doit les faire jeûner mais pas avec trop d’insistance. Au début de la quinzième année, qu’ils fassent ce qu’ils peuvent faire, ensuite progresser dans le nombre de jours au fil des années. Ainsi, l’habitude de jeûner doit être cultivée en eux d’une manière progressive.»

Les catégories de jeûne

Le Saint Coran et le Hadith font mention de plusieurs catégories de jeûnes. Il y a des jeûnes obligatoires et des jeûnes surérogatoires. Voici les jeûnes obligatoires:

  • Les jeûnes du mois de Ramadan
  • L’acquittement des jeûnes ratés du mois de Ramadan

L’expiation sous forme de jeûnes pour les actes suivants:

  • Zihar
  • Meurtre
  • La rupture délibérée du jeûne du mois de Ramadan
  • La violation d’un parjure
  • Les jeûnes après le Hadj de ‘tamattu’ ou ‘Qiran’
  • Le jeûne pour avoir fait la chasse en état d’Ihraame
  • Le jeûne pour avoir rasé la tête en état d’Ihraame

Les jeunes surérogatoires par exemple sont :

  • Les six jours de jeûnes du mois de Shawwal
  • Le jeûne d’achoura
  • Le jeûne de Daoudeas, c'est-à-dire jeûner les jours alternatifs, le jeûne du jour d’arafat et les jeûnes des 13, 14 et 15 de chaque mois lunaire Islamique.

Il est interdit ou déconseillé de jeûner certains jours. Par exemple :

  • Jeûner le vendredi et samedi de manière ciblée
  • Jeûner le jour de nérouze et méhrgani comme des persans
  • Les jeûnes sans interruption
  • Jeûner le jour de fête (ou eid)
  • Jeûner pendant le jour de Tashrik c'est-à-dire 11, 12, 13 de Zoulhadja.

Quand doit-on jeûner ?

Il nous est interdit de jeûner sans avoir vu le croissant lunaire du mois de Ramadan. Cette vision peut être optique ou scientifique. La vision scientifique peut se baser sur deux aspects. Premièrement, les trente jours de Chaaban s’écoulent ou avec un consensus parfait des savants islamiques, on arrive à préparer un calendrier qui ne laisse aucune possibilité d’erreur avec des calculs bien fondés. A ce propos, le Khalifat-ul-Masih IV(rh) dans son sermon du vendredi du 19 janvier 1991 nous a laissé le point directif. Ce sermon du vendredi fut publié de nouveau dans l’Al-fadhal du 1er novembre 2002.

La nouvelle annoncée à la radio pour la lune est islamiquement authentique. On doit mettre en pratique cette annonce selon la décision des érudits mais le champ de vision de la lune et le lieu en question doivent avoir une conformité d’horizon, sinon cette annonce sera nulle. Si le temps est nuageux ou s’il y a trop de brouillard pour la vision de la lune, alors le témoignage d’une seule personne crédible sera acceptable pour commencer le jeûne du Ramadan mais pour la fin de Ramadan, le témoignage de deux personnes justes sera obligatoire.

(Tirmidhi kitabe-oul-Saume bi chahada)

L’Intention est indispensable pour le jeûne

 Celui qui désire jeûner, doit formuler obligatoirement l’intention. Le Saint Prophète(pss)l dit :

«Celui qui ne formule pas l’intention avant l’aube, son jeûne n’est pas valable»

(Tirmidhi kitabe-oul-Saume)

Il n’est pas obligatoire de prononcer des formules précises pour son intention. L’intention est en effet une résolution qui vient du for intérieur, c’est pourquoi le jeûneur doit s’abstenir de manger et de boire. Dans le jeûne surérogatoire, on peut formuler l’intention avant midi, à condition qu’on n’ait pas eu encore à manger ou à boire, de même s’il y a une raison valable, telle qu’une information tardive sur la lune de Ramadan et qu’on n’avait pas encore mangé ou bu quelque chose, alors on peut formuler l’intention de jeûner. Le jeûne d’une telle personne sera valable.